LUCKY : la chance (se) tourne (en dérision)

Camille Belot | Une comédie qui commence mal. Dans un cimetière. Enterrement du chien. Et du titre. Toute l’ironie est déjà en action ; programmatique de ce que va être le film ! La chance tourne. Le film se tourne. Et jusqu’au bout, les personnages aussi tournent (et se retournent) ; « blessé[e.s] dans l’exercice de [leurs] fonctions, et pour votre plus grand plaisir » !

Dans une incompétence généralisée, tout le monde essaie, bon an mal an, de s’en sortir. Avec des idées stupides et des plans foireux, il faudra compter sur la chance ; c’est le nom que Willy a choisi pour son chien – celui qu’il enterre dès le début, mais aussi celui qu’il va récupérer dans des circonstances aussi improbables que douteuses. Incroyables ! Réalisé par Olivier Van Hoofstadt, Lucky enchaîne les gags en cascade dans une comédie effrénée ; des personnages surexcités et un goût prononcé pour la plaisanterie qui ne s’arrête jamais. Autant tenter.

Noyée dans le désespoir de l’humour, derrière une inlassable surenchère de bêtises et de blagues plus ou moins réussies, se cache une certaine absurdité de la vie ; comment réussir ? Et avant tout, comment s’en sortir ? La chance va-t-elle suffire ?

Tout le monde essaie de doubler tout le monde. Avec une généreuse vulgarité et une violence aussi gratuite qu’absurde, Lucky reprend les ressorts comiques du flic pourri (très à la française) et de la comédie de braquage, ne laissant pas un seul plan sans (auto)dérision ou sans plaisanterie en tout genre ; un film très bavard et avare de comédie, seulement (trop peu) entrecoupé par la musique d’Agoria – avec lequel le réalisateur avait déjà collaboré pour son film Go Fast ; un film de drogue et de police (aussi) mais sur un ton bien différent, produit par EuropaCorp, la société de Luc Besson, dont Olivier Van Hoofstadt ne garde plus que l’attrait pour la comédie policière qui lui réussit bien mieux ! Des instants clipesques, jubilatoires – Willy qui claque des doigts au début du film sur une musique que l’on aura cru extradiégétique – parfois drôlement chorégraphique, que l’on aurait apprécié voir (beaucoup) plus souvent !

Décidément un pur divertissement de comédie, avec de la bière – quoi de plus normal pour un réalisateur belge – mais aussi un aquarium masculin, avec un chien en tête d’affiche entouré d’une belle brochette d’acteurs et d’actrices – Michaël Youn, Florence Foresti, Alban Ivanov, mais aussi Daniel Prévost, François Berléand ou encore Corinne Masiero, Estéban et d’autres – et surtout avec d’incalculables magouilles d’argents, Lucky est une comédie énergique, punch – autant dans ses coups de tête que dans son inlassable ping-pong de vannes – et sans relâche ; pour le meilleur et pour le pire !

Lucky, un film d’Olivier Van Hoofstadt, en salle le 26 février 2020 [Bande Annonce]

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