Soirée débat au CRTH : écrire le handicap au théâtre

Sara Machtou | Le 13 octobre dernier s’est tenu au CRTH (Centre de Recherche Théâtre Handicap) une soirée-débat autour de la thématique « Question(s) de théâtre : écrire le handicap au théâtre ». 

Cet événement a rassemblé de nombreux auteurs dramatiques tels que Bruno Allain, Dominique Chryssoulis, Philippe Gauthier, Dominique Paquet et Luc Tartar. L’objectif était de répondre à plusieurs problématiques comme : pourquoi choisir un personnage en situation de handicap ? S’agit-il de questionner la norme, d’évoquer la différence ou d’approfondir de nouvelles manières d’être vivant ? Les enjeux sont-ils militants et politiques ? Ou bien, qu’explore l’écriture en même temps que le handicap ? 

Bien des éléments de réponse ont été apportés. Concernant le fait de transposer l’écriture de l’écran numérique à une situation concrète, en l’occurrence une scène théâtrale, cela n’est possible qu’en considérant le handicap comme un avantage, avec l’exemple de la danseuse étoile et aveugle Alicia Alonso. Il a notamment été évoqué comment un choc émotionnel ou une profonde solitude peut être moteur à l’écriture. Le fait de se retrouver impuissant face à une situation donnée, peut conduire à une rage ou une revanche sur la vie, donnant naissance à une « théâtralité folle ». 

Il a été aussi repensé le rapport individuel entre perte des sens et lien au monde environnant, cela au-delà d’un handicap physique ou mental. L’ensemble des personnes présentes se sont interrogées sur une « communauté de corps ». Il ne s’agit pas de mettre en avant une différence en particulier, mais d’avancer avec cet élément de différenciation déjà en mains. Cette notion est en lien avec l’idée d’un « corps imagé », où la prévisualisation par l’imagination de son corps en mouvement invite l’individu à repenser sa propre existence réelle de manière nouvelle. En reprenant l’exemple d’Alicia Alonso, elle se disait « danser à l’intérieur d’elle-même », avec plus de 1000 vies qui résidaient en elle. La danseuse n’a jamais voulu parler de son handicap et a notamment côtoyé les plus grands dans son domaine de prédilection. Cette rage de danser alliée à une sorte de dédoublement a constitué d’une certaine manière le fil conducteur d’une démesure. 

Enfin, il a été aussi abordé le sujet de la légitimité à l’écriture sur le handicap. Il en a été conclu qu’elle est l’affaire de tous, à partir du moment où l’acte fait preuve d’une réelle sincérité de la part de l’auteur. C’est même une nécessité, car grâce au regard singulier que chacun porte sur le monde, ce partage permet un dialogue et une réflexion plus profonde sur ses multiples considérations.

Visuel ©Sara Machtou

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