Vie étudiante/Vie de Campus

Devenir journaliste : pourquoi pas moi ?

Audrey Paillasse |

Le métier de journaliste fait rêver les étudiants à la belle plume ou les férus d’actualité, mais la plupart craint toujours de s’aventurer dans un secteur que l’on dit bouché ou réservé à quelques élus. Crainte aussi du chemin semé d’embûches qui y mène. Le 5 juillet dernier s’achevait une nouvelle phase de recrutement pour les 14 écoles de journalisme reconnues, qui forment ensemble la voie royale pour s’insérer dans la profession. Au terme de huit mois de travail intense, quelque 600 candidats ont pu décrocher leur place dans des promotions restreintes de 30 à 45 élèves par école. Pourtant, ces résultats ne riment pas avec mission impossible. Tour d’horizon des épreuves phares et des moyens de s’y préparer dès la rentrée.

Pas de journalisme sans actualité, qui est le maître mot des concours d’entrée aux écoles. L’épreuve d’actualité est la seule commune à toutes  ; ce doit donc être la priorité de chaque candidat. Les questionnaires se basent en règle générale sur l’actualité précédant de six mois la date des concours. Il est donc nécessaire de commencer un fichage régulier à partir du mois de novembre.

Pour ficher l’actualité, le mieux est de se rendre chaque jour sur LeMonde.fr et de récupérer les informations essentielles, qu’on classera en cinq catégories : « International », « France », « Économie/médias », « Culture » et « Sport », qui correspondent ni plus ni moins aux onglets qu’on trouve sur le site.

Mais pas question d’être seul sur ce coup là, au risque de se retrouver surmené et de prendre du retard. Travailler en groupe est essentiel. Commencer dès maintenant à chercher des camarades pour se partager le travail, c’est la garantie d’avoir une actualité exhaustive quand les révisions commenceront. Grâce à un Google Drive, l’actualité est réunie au même endroit, et on peut tourner chaque semaine en se répartissant une ou deux catégories à ficher par personne. L’idéal est de se constituer une équipe de 4 à 5 personnes, sérieuses et motivées.

En marge du fichage, il est recommandé de s’imprégner en profondeur de l’actualité. Pour ça, tous les moyens sont bons, mais le mieux reste encore de se créer un compte Twitter pour un suivi plus ludique, d’écouter France Info dans la voiture et dans les transports en commun, de regarder le JT du soir, et de visionner en direct ou en replay des émissions comme « C dans l’air » sur France 5 ou « 28mn » sur Arte.

Quand les révisions se font plus intenses, à partir du mois de février, il est temps de s’interroger avec son groupe sur l’actualité amassée depuis les derniers mois, quitte à ficher une nouvelle fois -sur papier cette fois- par dessus les fiches déjà réalisées. Pratique pour réviser dans le train par exemple.

Enfin, il est judicieux de concentrer ses efforts sur les grands sujets d’actualité, qui durent sur plusieurs mois, et d’en faire des dossiers récapitulatifs. Quelques exemples de dossiers en 2017 : L’Affaire Fillon, La présidence de Donald Trump, La crise au Venezuela, Les Présidentielles, Les Football Leaks…

Autre indispensable : la culture générale, qui revient à la fois dans les écrits comme aux oraux. Là en revanche, difficile de savoir comment se préparer. Plusieurs domaines de connaissances sont toutefois à privilégier pour anticiper au mieux ces questions : (à apprendre par cœur !)

  • La géographie (pays, capitales et départements français)
  • Les institutions françaises (Conseil d’État, Cour de Cassation, nombre de députés, de sénateurs…) et les institutions européennes (Conseil de l’Union européenne, Commission européenne, Parlement européen…).
  • Les médias (à qui appartient quoi ?).
  • Les patrons des grandes entreprises (Apple, Uber, Air France, Snapchat, Renault…).
  • L’histoire de France (l’accent est à mettre à partir de 1945).
  • Les présidents élus dans le monde sur la période des concours.
  • Les événements sportifs sur la période des concours (tous les sports et tous les vainqueurs).
  • Les chiffres-clé à connaître (population en France, dans le monde, taux de pauvreté et taux de chômage en France, taux de réussite au dernier Baccalauréat, montant du PIB de la France et de sa dette publique, montant du RSA…)

Plus largement, tout candidat devra se souvenir que chaque actualité est matière à poser une question de culture générale. Il est donc indispensable d’adopter des réflexes tout au long du fichage de l’actualité, pour pouvoir anticiper ces questions. Exemple : si l’actualité porte sur les prisons en France, il faut être en mesure de donner le nombre de détenus dans l’hexagone. De même, si la Syrie fait -encore- l’actualité, il faudra savoir depuis quand Bachar-El-Assad est arrivé au pouvoir, ou depuis quand et pourquoi a commencé la guerre civile. Il est bien sûr impossible d’être totalement exhaustif, mais il est nécessaire de s’en rapprocher un maximum.

A côté de ces deux piliers, on trouve aussi l’anglais et le français, qui sont certes des épreuves secondaires, mais à ne pas négliger dans des concours qui éliminent près de 500 personnes rien qu’aux phases des écrits. Pour entretenir la langue, rien de mieux que de lire la presse anglaise et américaine, en s’abonnant par exemple aux comptes des médias sur Twitter, et de tenir un carnet avec le vocabulaire journalistique et les mots-clé de l’actualité. Il est aussi bien vu de visionner régulièrement des films et des séries en VOSTFR, voire en VO si le niveau est déjà bon.

Pour le français, on ne peut que conseiller de revoir son Besherelle, et en particulier les conjugaisons difficiles, comme le subjonctif de l’imparfait par exemple. Les concours adorent aussi les règles grammaticales et les exceptions que personne n’a en tête ; il faudra donc les apprendre par cœur pour les maîtriser.

Pour le reste, chaque concours a ses épreuves spécifiques qu’il conviendra d’étudier en temps et en heure, de même que les oraux, qui se préparent aussi assidûment que les écrits. Ce programme semble une montagne à gravir, mais il est aussi l’occasion d’accumuler une somme de connaissances considérable, et d’encourager l’ouverture d’esprit et la curiosité. Un travail qui laissera des traces durables pour tous ceux qui s’y aventureront.

Bibliographie suggérée :

« Déjouez les pièges – 1000 difficultés du français », Dominique Vernié-Lopin, Le Robert, 2015
« Préparer les concours des écoles de journalisme » Philippe Gaudin

 

Rappel : les 14 écoles de journalisme reconnues par la profession (dans l’ordre de leur classement par Le Figaro Étudiant en 2016)

ESJ Lille
CFJ Paris
Sciences Po Paris
IPJ Paris
IJBA Bordeaux
CUEJ Strasbourg
EPJT Tours
CELSA Paris
EJCAM Marseille
EJT Toulouse
IFP Paris
EJDG Grenoble
IUT Lannion
EDC Cannes

Bon à savoir :
Deux prépas gratuites et réservées aux boursiers préparent aux concours tout au long de l’année :

  • La « Chance aux Concours », qui possède une antenne à Paris, Toulouse, Strasbourg, Grenoble et Marseille. Candidatures à partir du 4 septembre.
  • « Prépa Égalité des Chances » de l’ESJ Lille, à distance. Candidatures jusqu’au 23 août.

Des prépas payantes existent par ailleurs, chères, et sans garantie de résultat. Comptez de 600 à 7500€ l’année.

Audrey Paillasse
Contact : audrey.paillasse@gmail.com

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