Consommation & mode de vie/Société

Forever young ?

Lucile Massiot |

De nos jours, la tendance est à la perfection. Hygiène de vie stricte, sport et alimentation poussés à l’extrême du sain, nécessité de la pratique d’un milliard d’activités ; ils permettent l’assemblage d’un CV dès nos 11 ans. On observe alors qu’une recherche de la jeunesse éternelle est poursuivie par les adultes face au paradoxe inverse chez les enfants. Si bien qu’on peut se dire qu’on a atteint la retraite à 30 ans, pour ce qui est du social et du travail.
Cette analyse ne peut qu’être encensée par les comportements sociétaux : des cinquantenaires qui s’habillent comme s’ils venaient de souffler leurs 20 bougies, des jeunes filles qui se maquillent comme si elles étaient en âge de voter, des patrons qui considèrent la catégorie de plus de 30 ans comme « trop expérimentée » (traduction littérale = trop vieux et qui ne pourront s’adapter aux évolutions technologiques), et des jeunes qui devraient avoir fait des stages et des boulots dès qu’ils sont sortis du ventre de leur mère.

Mais quelles sont les conséquences de ce paradoxe temporel ?

Les refuges des jeunes, les réseaux sociaux, ont entraîné des troubles alimentaires, des comportements dangereux, ou un consumérisme exacerbé de par l’image de perfection véhiculée. Une étude de l’université de Pittsburgh à démontré la corrélation entre réseaux sociaux et augmentation des cas de troubles alimentaires.

Une nouvelle génération est considérée comme paresseuse car confrontée à cette image utopique et sur-active de la société de consommation, et préférant y renoncer plutôt que d’échouer et subir le regard réprobateur de cette même société. Apparaît alors une impression de l’obsolescence de l’adulte, qui ne peut échapper à cette étiquette qu’on lui colle sur le dos : celle de la date péremptoire (comme si nous étions des bouts de viandes au supermarché : réjouissant !). Le monde du travail, de plus en plus exigeant, considère l’âge comme critère de sélection, car une personne ne sachant manier le
« twittoring » n’a plus rien à faire dans une entreprise aujourd’hui. Tout comme le contact humain, qui perd en saveur et auquel on préfère le contact virtuel. Et dans ce basculement, les plus âgés seront forcément restés sur le banc de touche. Des numéros défilants, des avancées trop rapides, et des paradis de vie qui ne peuvent exister : serait-ce ici la vie qui nous est destinée ?

La réalité semble insuffisante tant trois heures sans les réseaux sociaux ou la télé-réalité s’apparentent à de la survie pour beaucoup, qui préfèrent suivre la vie en apparence incroyable des autres plutôt que la leur. La dystopie de « Wall-E », des humains scotchés à leur écran et en surpoids, nous guetterait-elle ? Bien plus qu’un handicap, ces mêmes écrans (de fumées, hum), facilitent l’agrandissement du fossé des inégalités, donnant pourtant l’impression du contraire. Même si des contenus engagés circulent sur les réseaux, on peut se demander s’ils correspondent à engagement réel et pas seulement à la volonté de paraitre engagé. Lorsque l’on fait le bilan avec la vie quotidienne, avec le racisme qui fait des heures sup’, avec la femme qui semble perdre ses droits dans ce qui est considéré comme la démocratie, et avec la tolérance qui recule, on ne peut que se dire qu’on s’enveloppe dans le mensonge.

Peut-être serait-il temps de lever la tête pour regarder la vérité en face et non son placebo ?

 

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