Arts & cultures/Cinéma & films

Une démence poignante

Matthieu Mebarki | 

Pour sa première collaboration avec Woody Allen, Cate Blanchett interprète le rôle principal dans Blue Jasmine. Trahie par son ex-mari Hal, Jasmine quitte New-York pour rejoindre sa sœur Ginger à San Francisco. Nous la voyons alors voyager et évoluer entre son passé prospère et son piètre présent, dans lequel elle essaie de se reconstruire. 

Une dépression annoncée

« C’était un être unique Hal. Il m’a rencontrée à une soirée, littéralement transporté. Blue Moon, c’était la chanson qui passait. »

Musique du générique de début puis fredonnée plusieurs fois par Jasmine, cette chanson revient de façon récurrente dans le film. Elle prend alors une place importante dans le récit. En effet cette chanson résume quelque peu le scénario, une personne seule et triste jusqu’à ce qu’elle trouve l’amour. Les spectateurs ont alors un avant-goût des événements à venir, ce qui laisse naître un certain sentiment d’attente. Ajoutons à cela le bleu de Blue Jasmine et de Blue Moon, couleur qui représente la mélancolie.

Successivement drôle mais aussi démente, inquiétante et exaspérante, cette femme dépasse les symptômes de la folie et s’enfonce dans une profonde dépression suite à une fulgurante chute dans l’échelle sociale.

 

« Un jour tu leur fais les honneurs de ta maison, et d’un seul coup tu prends leur pointure et tu leur passes la chaussure au pied. »

 

C’est alors qu’un sentiment d’impuissance s’impose. Le scénario prend les spectateurs en otage et les oblige à observer cette femme sombrer dans l’illusion qu’un jour, elle retrouvera sa place de Gold Digger au sein de la bourgeoisie.

Un scénario captivant

Woody Allen nous raconte une histoire catastrophique sans tomber dans le mélodrame, mais dans une comédie plutôt amère. C’est là que nous retrouvons la patte de Woody Allen. Nous sommes dominés par le scénario puisqu’en effet, face aux délires de la protagoniste, il suffit d’une scène pour que les spectateurs passent du rire à la compassion.

Jasmine a deux visages : celui d’une femme distinguée et sophistiquée, mais aussi celui d’une femme perdue et angoissée. À tour de rôle, nous les voyons tout au long du film. On pourrait assimiler le film à un capharnaüm d’aller-retours dans le temps ; mais tout au contraire, voyager et évoluer entre le passé et le présent de Jasmine, donne un rythme inhabituel à l’histoire. Jasmine, une femme trahie, qui ne cesse de revenir sur les détails de son ancienne vie, mais de moins en moins capable de fredonner Blue Moon, ballade sur laquelle tout a commencé.

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