Arts & cultures/Cinéma & films

Les sagas cultes

Victor Vagnier | Une saga, c’est quoi ? Mais si vous savez, ce coffret DVD qui trône au sommet de votre étagère !Plus sérieusement, le terme « saga » désigne aujourd’hui une histoire fictive ou réelle comportant de nombreux volets, en littérature ou au cinéma. Le mot vient de l’Islande médiévale et désignait des récits poétiques historiques. Dans le septième art, on peut parler de saga dès lors qu’un film se voit gratifié d’une suite.

Je suis certain que des sagas cultes vous viennent déjà à l’esprit : la dilogie Kill Bill, la trilogie Retour vers le Futur, la tétralogie Indiana Jones, la pentalogie Destination Finale, l’octalogie Harry Potter … Bref, on peut encore continuer longtemps ainsi jusqu’à l’icosikaipentalogie James Bond.

La saga comme bible
On a tous notre saga fétiche, à regarder en cas de blues, quand on est malade, simplement pour écouter une fois de plus des répliques qu’on connaît par cœur ou regarder une scène qu’on a vu cent fois. L’étonnement cède le pas à l’indignement lorsque quelqu’un vous annonce qu’il n’a pas vu la vôtre ! Pire, il ne l’a pas aimé et ose en dire du mal devant vous, et alors la conversation peut tourner au vinaigre !

C’est pourquoi nous prenons tant de plaisir à faire découvrir à quelqu’un ces films que l’on place au-dessus du lot, on a le sentiment de guérir un malade du syndrome de l’ignorance, de lui ouvrir les yeux et de lui faire comprendre que sa vie ne sera plus tout à fait la même maintenant qu’il a vu LA saga. C’est qu’une saga peut devenir une part de nous, une bible, une référence à laquelle on s’identifie, voire un mode de vie pour les fans les plus acharnés : êtes-vous déjà allé à une convention de passionnés de la saga du Seigneur des Anneaux, où la tenue réglementaire se compose d’un heaume et d’une cape et où les gens papotent en elfique ?

Des séries de films, mais pas seulement
Si le club des sagas consensuelles est très restreint (Le Parrain, peut-être …), leurs genres et leurs spécificités n’en sont pas moins extrêmement diversifiés. Des sagas, il y en a pour tous les goûts : la Trilogie du dollar pour les amateurs de western, Halloween ou Vendredi 13 pour l’épouvante, Star Wars ou Star Trek pour la science-fiction…

Notez tout d’abord qu’une saga n’est pas forcément le résultat d’une suite de films cohérente dont l’histoire s’enchaîne linéairement ; comme par exemple Le Seigneur des Anneaux, résultat génial d’une adaptation d’un roman réputé inadaptable (et donc bien obligé de suivre les péripéties imaginées par son auteur). Les trois films doivent impérativement être vus dans l’ordre pour une compréhension totale. À l’inverse si l’on prend la saga Rambo, on assiste à chaque épisode à une nouvelle mission, la saga peut à priori être regardée dans le désordre, sans que cela ne perturbe trop le spectateur.

De plus en plus à la mode, les prequels interviennent pour développer les origines d’une saga et ses personnages : on découvre ainsi que les X-Men ont joué un rôle important durant la guerre froide dans X-Men Origins ou encore que les aliens de la saga éponyme ne s’attaquent pas aux humains par hasard grâce au film Prometheus.

Il n’est pas rare également de voir des sagas s’entremêler, et partager leurs univers : on peut citer bien sûr les sagas Marvel, à l’image des Avengers, où des héros de multiples sagas (Iron Man, Hulk, Thor, Captain America …) font équipe pour sauver la planète, mais aussi d’autres cas plus surprenants comme Alien vs Predator.

Parfois, il y a l’épisode de trop, une saga bouclée renaît de ses cendres pour proposer une suite qui ne sera pas à la hauteur des attentes du public : nombreux sont ceux qui estiment que la Prélogie Star Wars n’aurait jamais dû voir le jour ; et j’estime personnellement que l’épisode VII de la saga Fast And Furious bouclait magnifiquement bien l’aventure, avec un final émouvant en hommage à Paul Walker, l’acteur vedette, tragiquement décédé ; mais l’argent appelant l’argent…

Parlons des acteurs : ils sont forcément amenés à évoluer au cours de la saga, voire à disparaître. Par ailleurs, certaines sagas étalant leurs opus sur des dizaines d’années, comme c’est le cas pour Star Wars, sont amenées à renouveler leurs acteurs : il est possible de tourner un remake et repartir de zéro, avec un nouveau casting, ou bien tout simplement de changer l’acteur sans pour autant arrêter l’histoire : pas moins de huit acteurs ont à ce jour interprété James Bond, et Daniel Craig, à coup sûr, ne sera pas le dernier agent 007.

De même pour le réalisateur : il peut être le même dans chaque opus comme Richard Donner pour la saga L’arme fatale, ou bien chaque épisode être réalisé par un nouveau cinéaste, comme c’est le cas pour la première trilogie Star Wars.

Éternelles et universelles

Mais pourquoi les sagas existent-elles ? Il y a bien sûr, l’imbattable argument commercial, on ne change pas une équipe qui gagne, une saga qui rapporte est une poule aux œufs d’or, et chaque nouvel opus qui sortira à grands renforts de publicité est synonyme d’enrichissement pour les producteurs. Mais si on prolonge éternellement le plaisir, c’est aussi pour l’amour du cinéma, le refus de voir une histoire se terminer, et la promesse qu’il y aura toujours un après, quand bien même cet après est condamné à être moins bon. Imaginez Ô combien les fans de Star Wars furent comblés, en apprenant que George Lucas remettait le couvert pour une seconde trilogie à la fin des années 1990 ! Les effets spéciaux étaient devenus assez performants pour lui permettre de réaliser les scénarios qu’il avait imaginé. Et que dire des nostalgiques de la trilogie originale, qui ont probablement sauté de joie en apprenant qu’un épisode VII allait sortir, et bientôt un huitième, et peut-être, qui sait, qu’en 2157 nos descendants auront le privilège d’assister à la sortie de Star Wars épisode XXXII « Les rebelles contre-attaquent»

Diffusé en salle au moment où j’écris ces lignes, Blade Runner 2049 inaugure une nouvelle saga, la saga Blade Runner qui part donc du chef d’œuvre de la science-fiction réalisé par Ridley Scott en 1982. Bonne ou mauvaise idée ? Ce n’est pas le box-office qui le dira, mais les années.

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