Atelier créatif étudiant/Vos textes

Musique afro et exil

Albien Gakegni ∣ Que signifiait être exilé autrefois, lorsque Tacite et compagnie connurent des années de troubles auxquelles ils n’avaient jamais pensé ? Que nous apprend la notion d’exil de nos jours ? L’immigration positive, c’est-à-dire volontaire, peut-elle être considérée comme une forme d’exil ?

A la recherche d’une existence paisible, d’une place convenable au sein de la nouvelle société, l’être humain se voit obligé de s’accrocher à des représentations et à des idéologies, de réfléchir sur chacun des gestes qui lui semblent profitables  pour construire sa personnalité. Et sous le poids de la vie parfois difficile à vivre, sous l’effet de la diversité, la tâche de celui qui désire se reconnaître par l’autre peut alors s’avérer encore plus complexe. La question de la réussite de cette entreprise parait être une énigme dont la réponse, loin d’être une phrase toute simple, est une équation du cinquième degré et dont chaque tentative de solution n’est finalement qu’un nouvel échec.

Traversé par toutes sortes d’événements qui l’amènent à un questionnement quotidien, le déplacement rend l’Africain bipolaire entre illusion et hallucination. La souffrance intérieure face à la conduite de l’autre l’enferme dans un entre-deux-mondes, un fantasme, qui se définit ici comme l’espace intermédiaire entre la réalité qui est son vécu et l’imagination sur quoi repose ce profond désir.

Ainsi, perdu au milieu des terres inconnues, où les jours et les nuits sont sombres, baigné dans une civilisation aussi étrange qu’étrangère, la patrie devient un musée gardé dans le souvenir. Et, entre le souvenir d’un passé qui ne cesse de hanter, et un après départ, le véritable pont reste la trace.

Le temps change la manière de faire, le temps transforme la manière de vivre en initiant l’être humain à de nouvelles habitudes. Mais le temps pour l’exilé demeure la durée de ce long et pénible séjour jusqu’à son retour dans le là-bas quitté. Voilà comment prend sens dans le monde de l’immigré Africain l’art musical moderne qui se donne la lourde tâche, depuis des décennies de construire cette mémoire collective oubliée.

 

3 réflexions sur “Musique afro et exil

  1. Article interessant, pertinent et clair qui soulève des problématiques littéraires prenant chair dans notre actualité.. fameux miroir de la réalité.. À lire !

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