Arts & cultures/Théâtre & spectacles

Harold et Maude : « vivre simplement les choses simples »

Galaad Saussey- -Even | Dans l’atmosphère chaude et chaleureuse du théâtre de l’Épée de Bois, où la beauté de l’intérieur éblouit, sans aveugler, et vous donne envie de ne jamais repartir, j’ai reçu une pluie d’étoiles dans les yeux. Aussi beau à voir que, parfois, douloureux à recevoir, la mise en scène d’Harold et Maude par Jean-Denis Monory est un véritable chef-d’œuvre, une leçon de vie, de philosophie et de simplicité.

Il m’était, à la sortie, impossible de transcrire en paroles ce que je venais de voir. Même les plus belles phrases n’auraient pas été à la hauteur. Ce texte de Colin Higgins, déjà touchant par sa simplicité et sa vérité brutale, se trouve embellit par Jean-Denis Monory et sa troupe qui ont su exprimer ce que nous ne pouvons dire ou admettre.

Harold est un jeune homme de bonne famille, orphelin de père et dont la mère, moderne, branchée et surbookée, le délaisse à son grand dam. Pour attirer son attention, il passe son temps à se suicider de manière rocambolesque et théâtrale, sans plus réussir à provoquer de réactions de terreurs chez elle. Probablement s’est-elle habituée à l’image de son fils pendu, éviscéré, ou décomposé dans le salon. En revanche, en tant que spectateur, ce carnaval macabre est assez jouissif à voir.

Maude, elle, est une ancienne aristocrate hongroise, presque octogénaire qui a passé sa vie à voyager, à faire ce qui lui semblait bon sans laisser le négatif prendre le dessus ; le chiffre tatoué sur son bras rappelle les heures sombres des années 1940. Elle vit comme elle l’entend, même si cela implique de voler un arbre, une voiture ou un phoque pour lui rendre la liberté. Ces deux êtres, finalement pas si différents, vont se rencontrer lors de leur passetemps commun : aller aux enterrements d’inconnus. Dès ce moment, ils ne vont cesser de tourner autour de la mort sans y succomber et exprimer la plus belle forme de vie possible : la simplicité. Toutefois, ne voyez pas là une forme de niaiserie sentimentale car le contexte est dur, l’humour est cinglant, voire corrosif et l’ensemble est beau, vêtu d’un spleen baudelairien. Tous les deux, ils vont vivre, et d’une sacrée belle manière ; on en devient presque jaloux ! Maude transmet à Harold les joies simples de la vie et le bonheur de l’instant. Harold, lui, donne à Maude son amour, sa fougue et un quatre-vingtième anniversaire à l’image de sa vie, poétique, doux, simple, mais finalement brutal. Toutefois, cette brutalité nous offre un final inattendu qui charme et entraîne la salle toute entière.

Que vous soyez donc rompu à l’exercice du théâtre ou non, cette pièce est faite pour vous, ce serait un sacrilège de ne pas y courir. Lire Harold est Maude est une bonne manière de réfléchir au sens de notre vie. Voir cette mise en scène de Jean-Denis Monory permet de regarder sa vie avec objectivité et de se débarrasser de ce que l’on croyait être des problèmes et qui ne sont, en réalité, que de petites broutilles. Enfin, si vous aimez tomber amoureux, foncez-y, car vous ne parviendrez pas à détourner votre regard de Maude. Nous sommes tous des Harold, nous cherchons tous notre Maude.

Alors allez la voir les jeudis, vendredis, samedis à 20h30 et les samedis et dimanches à 16h, jusqu’au 25 mars 2018, au Théâtre de l’Épée de Bois (Cartoucherie). Vous ne serez pas déçus !

Pour une somme de 10€ à 20€, ou grâce au tarif spécial étudiant à 8,20€ auprès du CROUS, et navette gratuite : vous n’avez plus d’excuses !

Plus d’infos sur www.epeedebois.com

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