Culpabilité et préméditation

Albien GAKEGNI| La pensée précède souvent l’acte. L’idée est le plan qui permet à l’intention d’exister, et non pas le contraire. Cependant, d’où vient l’idée ? Qu’est ce qui en est l’auteur ? L’idée, est-ce un besoin ou l’imminente suprématie de la nature en l’homme?

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Des milliers de travaux de recherche dans divers domaines ont tenté de nous apporter une même réponse au-delà des contradictions soulignées d’une démarche à une autre. Pareillement au sujet des notions que nous abordons dans cet article : la culpabilité et la préméditation. Elles sont souvent considérées comme des éléments appartenant exclusivement au registre policier ou psychologique. Mais l’insatisfaction due à quelques conceptions figées nous amène à en proposer une approche philosophique.

Lorsque la culpabilité refuse de quitter son siège dans notre conscience, le problème n’est pas au niveau de l’état inconscient de l’être humain, ou de la représentation de la gravité de la faute commise, mais assez souvent de la reconnaissance de l’état conscient du sujet dans l’accomplissement de l’acte qui a porté préjudice au tiers. Autrement dit, le sujet souffrant ne regrette pas l’acte posé, mais l’intention qui a conduit à l’acte. On tente de le consoler pour que disparaisse le contenu lourd de la peine intérieure afin que la stabilité de l’âme soit rétablie. Mais au-delà de ce qui est visible par l’autre, il s’auto juge lui-même à cause de la préméditation qui reste l’élément non apparent du processus.

La préméditation existe dans le quotidien de l’être humain. C’est l’acte de la pensée, l’action qu’elle mène à l’intérieur de l’individu, et qui appelle à l’usage du corps pour se manifester. Elle n’est pas en soi, comme on le dit toujours, l’intention de réaliser un mauvais dessein. Elle peut être comprise également comme une projection intérieure vers le réel qui représente le monde extérieur. On voit ici comment le passage de l’un des univers vers l’autre peut être soit immédiat, soit un processus à long terme. Lorsqu’il est rapide on parle de la spontanéité, tandis que lorsqu’il est lent à s’accomplir on parle de préméditation. Dans la mesure où le sujet prend le temps de se former pour être un actif-efficace, c’est-à-dire un sujet qui doit atteindre forcément son objet, en développant la force d’agir et en multipliant en lui-même les modalités d’actes possibles pour ne pas échouer dans son action. Et d’une certaine manière aussi, cela peut avoir pour origine la peur, le doute et l’hésitation, ou le manque d’outil en sa possession.

L’idée est finalement une formation qui s’opère en l’individu. Une procédure dont la réalisation peut complètement échapper au sujet. Car, il arrive aussi que le sujet soit lui-même l’objet de cette opération. L’acte de préméditation quant à lui est une projection vers un moment futur, et la culpabilité est à son tour une reconstruction du passé de manière à placer l’individu au centre de l’activité.

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