Joker : Quand un rire dépeint un personnage

Delia Arrunategui / @arrunategui22 | Le rire, ce phénomène d’empathie et de légèreté assez fondamental, devient dans le film Joker un des composants clé pour entrer dans la peau du personnage central. Comme le dit un vieux proverbe : « les yeux sont le miroir de l’âme », car ils sont censés refléter nos émotions et nos sentiments. Nous pouvons attribuer au rire la même particularité, même si certaines fois il peut être involontaire, nerveux ou même pathologique ; il reste le moyen non-verbal le plus direct pour montrer et transmettre nos ressentis. 

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Le drame paysan d’Édouard Bergeon, réalisateur d’Au nom de la terre

Quentin DIDIER | Le journaliste et documentariste Édouard Bergeon présente son premier long-métrage avec Guillaume Canet et Rufus dans les rôles principaux. Fils d’agriculteur, il met en lumière son milieu natal dans ce drame bouleversant, biographie de la vie de son père.

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Ad Astra : Odyssée spatiale aussi renversante qu’ennuyante

Florentin GROH | Nous sommes donc bien seuls dans l’univers. C’est le triste constat du nouveau James Gray, film spatial mélancolique aux allures d’une odyssée kubrickienne, présenté à la Mostra de Venise cette année. Brad Pitt, en astronaute maniaco-dépressif dans une société post-2050, entreprend de retrouver son père (interprété par Tommy Lee Jones), disparu il y a plus de 16 ans au niveau de Neptune et menant une expédition ayant pour but de découvrir si, une bonne fois pour toutes, une vie intelligente extraterrestre est possible. 

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NOUS, LES COYOTES : UNE EXPÉRIENCE POUR TOUS.TES

Sara Andrade | Si vous voulez un film qui vous parle Nous, les coyotes  a beaucoup choses à vous dire. Déjà il faut savoir que leur habitat a été conquis par les êtres humains dans une zone de la  Californie et qu’ils n’ont aucun souci à y habiter avec leurs envahisseurs. Ces êtres vivants mangent-ils, parfois, les animaux de compagnie des habitants et tout de suite leurs défenseurs, les colonisateurs, commencent-ils à penser qu’il serait mieux que les coyotes disparaissent. 

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CONFÉRENCE / TABLE RONDE : LES FILMS EN COSTUME : LE RÔLE DU HMC

Loan Peuch | Le 13 mars de 14h à 16h en amphi D03, se tenait un événement regroupant quelques dizaines de personnes et cinq intervenants dont Michel Demonteix, Edwige Morel D’Arleux et Josée de Luca, tous trois professionnels du cinéma. Après une courte présentation du livre de Josée (Souvenirs poudrés, Broché, 2018) la conférence commence, sous forme de questions/réponses, animée par Aure Lebreton et une autre camarade. Quatorze questions seront ainsi posées, menant toutes à des réponses aussi limpides que passionnantes.

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« Les Derniers témoins face à la caméra » de Sophie Nahum

Tess Noonan | À l’occasion de la journée mondiale dédiée à la mémoire de l’Holocauste (27 janvier), le Mémorial de la Shoah à Paris projetait ce dimanche 28 janvier quatre courts métrages de Sophie Nahum sur quatre anciens déportés, avec la présence de ces derniers dans la salle. Cette projection était proposée en partenariat avec CinéFac et était animée par Gabrielle Napoli, critique littéraire pour le journal en ligne En attendant Nadeau.

Armand. Lucette. Victor. Henri.

Ces quatre entretiens font partie du projet Les Derniers témoins face à la caméra, une série de courts documentaires sur d’anciens déportés de la Shoah, créée par Sophie Nahum. La série compte quinze épisodes à l’heure actuelle. Le titre de cette série traduit un sentiment d’urgence ; à la genèse du projet se trouve la prise de conscience de Sophie Nahum que ses jeunes enfants n’auront pas l’occasion de rencontrer d’anciens déportés et d’entendre de vive voix leurs témoignages. De cette prise de conscience est né le projet Les Derniers. La particularité des entretiens se trouve dans leur format court (les épisodes durent entre sept et dix minutes) et dans leur accessibilité en ligne. Sophie Nahum affirme que ce format et ce mode de diffusion ont été pensés pour s’adapter aux nouvelles générations et au rapport qu’elles entretiennent à la technologie.

Ce format court a néanmoins ses limites. Je regrettais souvent que les entretiens ne durent pas plus longtemps, car les témoignages sont très forts. On aimerait avoir plus de temps pour les écouter, observer les photos qui sont montrées. On a souvent l’impression d’assister à une version condensée de l’échange, ce qui est assez frustrant ; d’autant plus que Sophie Nahum dit passer plusieurs heures avec ces personnes pour chaque témoignage. Après avoir visionné son épisode, Lucette, une des témoins présentes, s’est même exclamée « c’est trop abrégé ! ». Sophie Nahum a signalé qu’elle avait cependant pour projet de développer un format long.

L’intervention des témoins après la projection de leur épisode arrivait donc à point nommé. C’était à chaque fois très fort de les voir « pour de vrai » et de prolonger l’entretien avec eux. Ils manifestaient l’envie et le besoin de parler, investis d’un véritable devoir de mémoire et de transmission. Ainsi, quand on demande à Lucette pourquoi a-t-elle choisi de témoigner, elle répond « parce qu’on m’a dit de le faire », en faisant référence aux déportés du camp qui n’ont pas eu la chance d’en revenir. Beaucoup des témoins interviewés par Sophie Nahum interviennent dans des collèges et lycées, comme Victor Pérahia.

Tous partagent aussi le traumatisme de quelque chose d’inconcevable qui a rendu la communication avec leurs proches très difficile. Beaucoup évoquent leur incapacité à parler de l’Holocauste avec leur famille, pendant des années. En effet, le silence a été omniprésent pendant les projections, symbole d’un passé trop lourd à porter. La présence des enfants et petits-enfants de déportés dans la salle témoignait donc de cet héritage, que même les mots ont du mal à saisir. L’émotion était palpable. « Le silence c’était aussi un moyen de s’en sortir », rappelle Elie Buzyn, rescapé d’Auschwitz. À présent, parler est devenu vital.

Pour visionner Les Derniers témoins face à la caméra :
https://www.facebook.com/LesDerniers.org/
Pour soutenir le projet de Sophie Nahum :
https://www.leetchi.com/c/projets-de-hello-prod

L’agenda culturel du Mémorial de la Shoah est riche en rencontres, projections et commémorations. Les prochains témoignages auront lieu ce dimanche 11 février, et mettront en lumière le rôle de la Suisse comme terre d’asile pendant la déportation de millions de Juifs vers les camps. Cinq  personnes, réfugiées en Suisse pendant la guerre, seront présentes pour parler de leur expérience.