Arts & cultures/Cinéma & films

LES CLICHÉS DANS LES FILMS D’HORREUR (1/2)

Victor Vagnier | Je regardais La maison de Cire et soudain j’ai poussé un profond soupir. J’adore avoir peur au cinéma mais là, c’en était trop. J’ignore dans quel monde vivent les scénaristes américains, mais ils n’ont décidément pas froid aux yeux quand il s’agit de se payer la tête du spectateur, averti ou pas, et de mettre en scène, à l’aide de subtils procédés, des situations toujours plus improbables. Si ces stratagèmes fonctionnent au début et nous plongent dans une angoisse indescriptible, force est de constater que les cris d’effroi laissent souvent la place aux rires désabusés, car depuis le Dracula de Murnau des années 1920 jusqu’au très récent It, c’est le même disque qui tourne encore et encore. Laissez moi illustrer mes dires avec ce petit schéma rédigé par mes soins, qui n’est autre qu’un condensé de tous les clichés les plus récurrents que l’on retrouve dans les films d’épouvante.

 

Des personnages connus de tous
Appuyons-nous sur les slashers, ces films d’épouvante pour ados où un tueur masqué massacre un à un une bande de jeunes. Le fameux groupe d’amis, vous le connaissez sûrement ! Vu dans Massacre à la tronçonneuse, revu dans Souviens toi l’été dernier, aperçu dans Détour mortel !  Servi à toutes les sauces et de manière intensive depuis le début des années 1980, on y retrouve habituellement le beau gosse, leader incontesté aux muscles saillants ; le classique noir de la bande, pour qui l’espérance de vie est généralement très réduite ; le gars complexé qui cherche à s’affirmer dans le groupe ; la bimbo, girlfriend du beau gosse, qui croit être à la plage, habituellement assez stupide et sa mort le sera d’ailleurs tout autant (par exemple brûlée dans une cabine de bronzage dans Destination Finale 3) ; et une fille, aux formes un peu plus raisonnables qui sera la survivante ou la dernière tuée, selon l’humeur du scénariste. Quelquefois, un geek vient s’ajouter à la joyeuse équipe, histoire de rire aux blagues du beau gosse sur le gars complexé.

Des décors qui ne laissent pas indifférents
Nous avons nos futures victimes. A présent, il nous faut un lieu pour les massacrer paisiblement. Et c’est là, chers amis, que je crie au scandale : qui, parmi vous, rêve d’aller passer ses vacances dans une cabane abandonnée en plein forêt, sur laquelle évidemment on vous a raconté moult légendes macabres ? Qui aurait l’idée de génie d’aller faire du camping dans un bois paumé et lugubre ? Qui aurait envie d’effectuer un détour stratégique par une route qui n’apparaît pas sur les cartes pour arriver plus vite chez Mémé ? Bon, admettons que vous êtes bizarre et que passer la nuit dans un ancien abattoir, ça vous tenterait bien… Mais qui ne se méfierait pas des innombrables indices laissés sur la route, tels que le vieux type impassible que vous rencontrerez généralement dans une station service déserte et qui vous prévient que la place est maudite, que des choses étranges se passent dans le coin et que les étrangers ne sont pas les bienvenus… C’est aussi ce vieux type qui vous apprendra, quand votre voiture tombera en panne, qu’il n’a pas de quoi vous aider et que le téléphone ne passe pas. Il vous proposera donc de marcher dans telle direction, vers la ville la plus proche. Bref, personne ne fait ça, surtout avec autant d’indices qui pourraient aussi bien être remplacés par des panneaux « Attention, vous allez mourir » . Malgré tout, notre fameux groupe, gai et soudé, le fait quand même.

Bien, nos cinq héros sont donc maintenant arrivés au bercail et le scénariste leur laisse en général un peu de répit à ce moment du film, répit qui se traduira souvent par une scène coquine entre le beau gosse et la bimbo ; une tentative d’approche du complexé vers la fille normale ; ou du noir, seule trace de lucidité, qui déclare à ses comparses qu’il trouve que quelque chose cloche dans tout ça. C’est là que le scénariste essaye de faire naître la peur en nous. On a les classiques gros plans sur le tueur : gros plan sur ses mains sales, gros plan sur ses vêtements d’une autre époque, gros plan sur ses yeux vitreux… La caméra peut aussi devenir le regard du tueur, et vous voyez le danger se rapprocher de nos amis sans pouvoir les prévenir, avec en fond sonore le souffle étouffé du dit tueur.

La suite dans les jours qui viennent ! 

Une réflexion sur “LES CLICHÉS DANS LES FILMS D’HORREUR (1/2)

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