Être caissière en temps de crise sanitaire. Episode 4 : Home sweet home.

Sara Machtou | Un jour je suis rentrée d’une longue journée de travail. Je venais de franchir le seuil de la porte. Et là, une odeur de brûlé. Je panique, mais qu’est-ce qui brûle ? Je demande s’il y a quelqu’un. Qu’est-ce que je vois ? Je découvre ma mère qui dans un pot fait brûler de la sauge. Les senteurs de la maison ont changé. 

Comme je suis en contact avec le monde extérieur c’est à une opération de désinfection auquel j’ai droit à chaque retour. On retire les chaussures, on se lave les mains, pas d’embrassade. On se dit bonjour au loin désormais. 

Ça a été le début des recettes de grand-mère en tout genre. L’ail, le miel, le citron, le gingembre, le thym, les feuilles d’olivier, la cannelle, la cardamone, la lavande, les graines de fenugrec. S’ajoute à cela les mixtures que l’on me force à boire ou à manger et ces plantes que je dois inhaler. On n’est jamais trop prudent. 

Nous étions tous actifs pour diverses raisons. Le travail, les activités extérieures, les amis. Ce confinement a changé notre rapport au temps. Il paraît plus lent. Les repas en familles se font plus nombreux. Chacun s’occupe comme il le peut. On se met au jardinage, au grand nettoyage, à la lecture pour d’autres. De là où je vis, voir les miens faire des activités manuelles m’apportent beaucoup. Chacun y met un peu d’huile de coude lorsque cela est nécessaire. 

Au regard des événements, on entend de temps à autre les chaînes d’informations en arrière-son. Via les réseaux sociaux, il y a parfois des fake news qui pointent le bout de leur nez. S’en suit des débats endiablés pour savoir qui a tord ou qui a raison. On débat sur ce que l’un croit être vrai ou non. Mais généralement, nous arrivons toujours à trouver un terrain d’entente à la fin. 

Quoi qu’il en soit, je prends le temps d’être avec eux. J’en apprécie tous les moments. Je savoure cet instant présent partagé tous ensemble. 

Un aspect qui est d’importance dans cette maisonnée, c’est la religiosité. Les lieux de culte ayant fermé leur portes, les prières se font davantage chez-soi. Bien que préexistantes en individuel elles se font dorénavant indépendamment du groupe. J’entends plus souvent des chants de prières dans la maison, ils m’ont pour ma part toujours apaisés. Un instant de calme serein dans la tempête.

> Episode 3 : Dans un profond silence tu marcheras.

> Episode 5 : Un risque en pleine conscience.

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