Arts & cultures/Cinéma & films

LES CLICHÉS DANS LES FILMS D’HORREUR (2/2)

Victor Vagnier | Je regardais La maison de Cire et soudain j’ai poussé un profond soupir. J’adore avoir peur au cinéma mais là, c’en était trop. Laissez moi illustrer mes dires avec ce petit schéma rédigé par mes soins, qui n’est autre qu’un condensé de tous les clichés les plus récurrents que l’on retrouve dans les films d’épouvante. 

Relire la première partie de cet article : Les Clichés dans les Films d’Horreur (1/2) 

Psychologie du monstre
D’ailleurs, qui est-il vraiment,  ce tueur ? Pourquoi est-il si méchant ? Généralement, il a eu une histoire personnelle difficile, qui explique ses motivations ou ses pulsions meurtrières. Etre abandonné dans les bois à la naissance puis être éduqué par un grizzly peut effectivement rendre cannibale comme dans La Colline a des yeux ou simplement barjo comme dans Scream. Pour les scénaristes, tous les moyens sont bons pour justifier le meurtre de lycéens innocents. Bon quelquefois il est vrai que le tueur n’est pas humain : monstre, zombie, sorcière, vampire, esprit, poupée et autres marionnette… C’est vrai aussi que parfois le tueur n’est autre qu’un des membres du groupe qui a guidé ses amis dans un piège, comme dans … (pas de spoil).

Mais revenons à nos futurs cadavres, dans leur cabane. Les choses commencent à se gâter, les indices se font de plus en plus troublants, des bruits bizarres retentissent et la panique s’installe tout doucement. On ne peut plus rien pour eux, le scénariste veut en finir. De toute façon, que voulez vous faire d’une bande d’imbéciles qui prend des décisions qu’un enfant de cinq ans jugerait irréfléchies ? Depuis quand se sépare t-on lorsqu’un psychopathe rôde dans les parages ? Pourquoi se cacher dans le placard ou sous un lit au lieu de prendre ses jambes à son cou ? Pour quelles raisons vouloir explorer les recoins obscurs et les pièces insolites ? Pourquoi, lorsque l’on rencontre un enfant pas très normal qui est immobile au milieu d’une pièce, les cheveux dans les yeux, s’obstiner à lui offrir notre aide avant qu’il ne nous étrangle ? Et comment est-ce possible d’être aussi maladroit, d’attirer l’attention du tueur par toute sortes de bruits (éternuement, téléphone, ou en faisant bouger un objet…) ? Comment peut-on chuter au pied du tueur alors que l’on courait à toute jambe devant ce dernier qui lui, marchait d’un pas lourd ?

De plus, toutes ces situations sont propices au jump scares, alors qu’on déteste ça nous, les jump scares ! Qu’est-ce qu’un jump scare ? Vous savez ces trucs qui apparaissent d’un coup à l’écran et qui nous font sursauter ! Le visage du tueur qui apparaît dans l’ombre, la jambe  arrachée de la bimbo qui tombe à nos pieds ou simplement un personnage qui fait une mauvaise blague à un autre… Les jump scares bien placés nous laissent sans voix. De même, certains scènes laissent suggérer un jump scare qui ne viendra pas : le héros tournant lentement la poignée du placard, pour finalement le trouver vide, par exemple …

Des morts que vous ne verrez qu’au cinéma
Minuit sonne, c’est l’heure du crime. C’est que nos amis ont leur façon bien à eux de passer l’arme à gauche. L’un par exemple, se lancera dans une bagarre perdue d’avance contre un tueur qui en a vu d’autres ; un autre, blessé, optera pour le classique « Laissez moi là, je vous ralentis » ; on a le personnage devenu parano qui accuse ses amis et quitte le groupe pour tomber nez à nez avec le tueur ; n’oublions pas l’ami devenu un monstre et que le héros hésite à tuer, avant le célèbre « Tue-le ! Ce n’est plus celui que tu as connu ! »  ; la mort théâtrale, la mort ridicule, la mort gore, le suicide … Personne n’y échappe. Bon, quelquefois il arrive que le héros découvre l’art du combat de manière assez spectaculaire et colle une raclée au tueur avec une arme de fortune, le film devient alors un film d’action qui perd tout son interêt (The Descent, Amercican Nightmare, Dead Snow …) à moins que le but ne soit de rendre hommage ou tourner en dérision les films d’horreur à petit budget par exemple … N’oublions pas la scène finale où le tueur que l’on croyait mort ouvre les yeux ou sort un bras de terre pour montrer qu’il viendra se venger dans une suite. J’ai failli oublier :  il ne faut pas se priver de rappeler en début ou en fin de film que l’histoire est tirée de fait réels, sans préciser que chaque détail a été exagéré.

Bien sûr, cet article est à prendre au second degré et concerne surtout les slashers (ces films d’horreur pour ado où un tueur masqué massacre une bande d’ados), il existe de nombreux films d’horreur bourrés de clichés et pourtant excellents, d’autres sont certes moins bons. Les films dits en « caméra embarquée » tels que Rec, Le Projet Blair Witch, ou Grave Encounters tentent de se libérer de ces clichés en montrant des images plus ou moins réalistes que l’un des personnages est censé filmer lui-même. Pour finir, je me permet de vous conseiller trois films délibéremment remplis de clichés, à un point qui frôle le ridicule : Evil Dead, devenu de ce fait un incontournable pour les fans du genre ; La Cabane dans les Bois, dont l’intrigue elle même est basée sur ces clichés ; et enfin Tucker & Dale fightent le mal qui imagine un scénario basé sur un renversement hilarant des codes du cinéma d’horreur.

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